« J’adore ce que vous faites »

January 31st, 2011

Cela n’a pu vous échapper mais nos voisins égyptiens vivent des moments particulièrement compliqués ces jours-ci. Ce qui n’a pas dû vous échapper non plus c’est que depuis quelques jours ils ne disposent plus de moyens de communication électroniques.

A l’heure de l’internet prédominant où un simple coup de téléphone dépend de notre machinbox propriété exclusive de notre gentil fournisseur d’accès qui ne veut dixit «les gentilles dames des hotlines» que notre bien, nous sommes devenus particulièrement dépendants de notre nouvelle architecture réseau.

Certes c’est fun, nous vivons une révolution culturelle. On achète tous de grands écrans 40 pouces afin de regarder la TV HD acheminée sur une boiboite «design by stark» et tout cela est très beau, on sent bien, on sent la rose et la beauté du petit matin.

Et puis voilà, en Égypte le peuple se bat pour plus de liberté, pour avoir le droit de choisir leurs dirigeants. En retour le gouvernement ordonne l’arrêt pur et simple des communications électroniques.

Plus de téléphone, plus de SMS, une boiboite sans doute jolie aussi, mais muette. Plus d’interconnexion étrangère, plus de lien avec le reste du monde. On s’interroge, on s’inquiète, on s’informe du moins on essaie et puis c’est tout.

Pourtant pendant ce temps

pendant ce temps des gens disent non. Des gens considèrent qu’un réseau cassé, ça se répare. C’est exactement ce que FDN a fait. Nous n’avons ni cherché un effet de buzz, ni la pub, ni à recruter des adhérents, ni à faire de «business», ni à paraître cool, fun ou mort de lol. Non, nous avons simplement fourni une solution de secours.

Dès vendredi, nous annoncions que nos infrastructures étaient ouvertes, neutres et anonymes à tous les égyptiens souhaitant disposer d’une connexion de secours pour communiquer avec le monde. ça ne nous coûte pas plus cher que d’habitude, ça nous rapporte la même chose que d’habitude : 0€.

A quoi ça sert de se connecter à si bas débit ?

Communiquer c’est témoigner sur ce qu’ils vivent, prévenir leurs proches à l’étranger , signaler que tout va bien, poster des photos ou simplement envoyer un tweet. En fait on en sait rien et c’est très bien comme ça. Nous avons juste proposé une solution. Elle vaut ce qu’elle vaut mais au moins, cette solution là, elle a le mérite d’exister.

Et vous, vous faites quoi ?

Et depuis nous recevons des coups de fils de journalistes, des mails, des fax, des signaux de fumée. Pour comprendre pourquoi et comment ce qu’on croyait impossible s’est produit : ils ont éteint internet. On nous demande combien de gens se connectent et combien de trafic ça représente etc … on s’en fout. Ami journaliste, si tu veux vraiment faire ton boulot relaie donc cette information et apporte -moi donc une vraie réponse intéressante : La multitude de FAI de par le monde, ils font quoi ?

Sur twitter on croise en fait 2 ou 3 numéros d’appel dialup. Celui de FDN, celui de TELECOMIX (que je salue et remercie au passage), plus quelques uns que l’on trouve sur cette page : http://manalaa.net/dialup

Mais tous ces superbes opérateurs, qui nous font rêver avec de si jolies publicités, avec tant d’illimité, tant de mégabits, tant de 21ème siècle et d’internet 2.0, que font ils ?

Des infrastructures d’accès, si une association comme FDN en dispose, qu’ils n’aillent pas nous expliquer qu’ils les ont éteintes. Non, ils nous démontrent simplement qu’à notre époque moderne, il est urgent de ne pas se mouiller, surtout dans un pays où l’on pourrait faire du business. Ils nous démontrent que là ou il n’y a plus de business, il n’y a surtout plus personne.

Donc ami lecteur, ne l’oublie pas. N’oublie pas qu’en Égype, il n’y a que quelques ISP, comme en France. N’oublie pas qu’ils ont coupé leurs services sur la directive de l’État, parce que là – bas c’est légal, et en France ?

On demande à nos politiques de faire un mea culpa sur leur silence face à la situation tunisienne et égyptienne. Je pense que nos chers ISP devraient en faire de même.

Arrêtez d’adorer ce que nous faisons, aidez -nous, aidez les !

FTTH rural: Pourquoi pas les poteaux ?

September 16th, 2010

« C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ? »

C’est vraiment ce que je ressens quand je parle de déploiement aérien avec mes confrères. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi on cherche coûte que coûte (le terme est bien choisi je trouve) à vouloir absolument enterrer ces maudits câbles.

Je comprends bien que c’est plus fiable à long terme, que la probabilité (pourtant non nulle) qu’un coup de pelleteuse embarque un fourreau est plus faible qu’un poteau d’être renversé ou qu’un câble traversant une rue d’être arraché.

Ceci étant, à l’heure ou l’on nous explique qu’avec la hausse de la TVA (la fameuse taxe Barouin / Sarkozy) les opérateurs auront moins d’argent à mettre dans leurs déploiement, il me semble que déployer des réseaux aériens est quand même bien plus rentable.Donc soit le lobbying des bétonneurs est le plus fort, ce que l’on ne peut pas exclure, soit on cherche à faire de l’argent non pas sur son métier de FAI, mais sur son métier de BTP.

Bref, il se trouve quand même qu’à force de recherches et de lectures, j’en suis arrivé à trouver quelques écrits où les auteurs relataient tout de même quelques réalités économiques :

  • Coût de réalisation d’une tranchée : environ 100 € HT. du mètre soit 10 000 € H.T. pour 100m
  • Coût d’un poteau en bois : environ 60 € H.T. (compter 1 poteau tous les 35 m) soit 240 € + la pose, on emporte le tout à moins de 1000 € HT pour 100m.

Il me semble quand même que cela mérite réflexion non ?

Pourquoi un tel attachement aux poteaux ?

Parce que c’est étrangement simple. Au début de mes recherches, j’avais tout de même quelques problèmes techniques à régler. Ceci étant, une fois ceux-ci résolus, on se rend compte que déployer un abonné n’est pas plus compliqué que de tirer un câble de cuivre. Et c’est bien là qu’est toute l’astuce. Plus l’ingénierie en amont est réfléchie, plus on va réduire de facto les coûts de déploiement.

Par ailleurs, ce type de déploiement devient accessible à une commune modeste, de fait capable de se passer d’opérateur pour cela et donc de maîtriser la destination de l’argent public. À l’heure où notre gouvernement semble persuadé que sans opérateur national pour déployer de la fibre point de salut, je comprends bien que cela ne puisse pas  devenir trop populaire.

Les problèmes techniques à résoudre

il y en a quelques uns, et pas des moindres. Ils ne sont cependant pas insurmontables. Voici quelques pistes.

Le premier ennemi du câble : le technicien

La seule vraie justification valide à mes yeux allant dans le sens de l’enfouissement des câbles de fibre optique demeure la limitation extrême de la manipulation du câble. En effet, moins il bouge, mieux on se porte.

Cependant, chaque raccordement d’un abonné implique obligatoirement une manipulation du câble, ne serait ce que pour sortir le manchon de sa chambre de tirage, ouvrir le manchon, poser le câble abonné, dégainer le câble, souder la ou les fibres, refermer le manchon, lover les câbles, refermer la chambre et prier que l’on ait rien cassé au passage.

Il faut donc trouver une méthode afin de limiter ces mouvements le plus possible.

Et pourquoi pas connectoriser ?

Ne criez pas, je sais pertinemment que l’on injecte de l’atténuation en faisant cela. Ceci étant, lorsque l’on étudie un peu la chose et que l’on se rappelle que l’on est dans un contexte rural, on comprend que les distances entre le switch de concentration ET le CPE de l’abonné se réduisent drastiquement (en général en dessous du kilomètre).

De fait, on peut se permettre un peu d’atténuation, du moins plus que sur une ligne de 10 ou 20 km.

Par ailleurs, si connectorisation il y a, nul besoin de descendre la boite pour souder une fibre, il suffit de l’ouvrir et de la refermer. On est donc dans un contexte avec moins de mouvement, moins de manipulation, moins de source d’erreur difficilement réparable et on résous par là même une partie du problème.

Positionnement de la boite :

Le choix est large, soit on pose la boite dans une chambre (type L2T) en bas du poteau (et on fait remonter tous les câbles abonné sur le poteau pour la distribution aérienne) soit on la pose en hauteur, du moins pas accessible par le quidam moyen avec une échelle.

La première solution permet un déploiement soit connectorisé, soit soudé.

La seconde permet uniquement de la connectorisation (à moins que vous n’ayez une solution pour souder dans la nacelle, moi j’ai cherché, j’ai de sérieux doutes sur la faisabilité).

Il faut donc bien accrocher le câble en haut du poteau.

Et la desserte abonné ?

Facile, le câble part de la boite, remonte sur le poteau, est fixé par une «pince à ancrage» sur la réglette du poteau d’un coté, et sur la maison de l’autre. Le tour est joué, la desserte assurée.

Et la surlongueur de sécurité ?

À ne pas oublier, à mon sens, passé une certaine longueur de câble, il faut disposer de surlongueur. Positionner une chambre en pied de poteau est une bonne idée (tous les 150m ?). En cas de problème on peut redéployer rapidement un nouveau câble.

L’implantation dans le paysage urbain

C’est le principal problème.  En effet, à l’heure où l’on enterre à tout va, c’est tout de même étonnant de procéder ainsi. Cependant, dans un milieu où :

  • les réseaux ne sont pas encore enterrés,
  • il n’y a pas de politique d’enfouissement,
  • la majorité des déploiements sont apposés aux façades des habitations,
  • les habitants sont plus favorables à leur désenclavement numérique

il me semble alors que ce type de déploiement a de beaux jours devant lui. Il est à noter que le coût de déploiement est extraordinairement moins élevé ainsi.

Et si on faisait des cahiers techniques autours de la fibre ?

September 16th, 2010

Ca fait un moment que ca me titille, et mon ami spyou ayant sauté le pas sur son blog, ca me motive a me jeter a l’eau. Depuis plus d’un an maintenant, je travaille exclusivement sur les questions de déploiement de fibre optique chez l’habitant, on appel ca poetiquement F.T.T.H. ou juste « la fibre ».

Comme je suis un très mauvais marketeux, je vais parler de ce que je connais et utiliser mes termes à moi a la place, je laisserais le soin au lecteur de chercher a quoi ca correspond(ra) dans le language marketocommercial de nos chers opérateurs (dont par ailleurs je me fou completement).

Mes préoccupations récentes sont assez large, j’ai travaillé sur des aspets de réseau allant de la pose d’une prise chez mamie michu, jusqu’au N.R.O.  (NOeud de Raccordement Optique) en passant les tranchées parfois nécessaires pour poser les câbles.

Bref, j’espère que ces articles permettrons notamment pour toi lecteur de comprendre que dans ce monde non plus, point de magie juste du travail et de la technique, et te donner quelques connaissances afin de passer outre le discours du : « c’est très compliqué, ca coûte très cher ».