LOPPSI : Interview de B. Bayart (French Data Network) sur LCP vendredi 5 février 2010
February 8th, 2010Benjamin Bayart, président de FDN, était invité au journal de 22h de LCP vendredi 05 février 2010. Pour ceux qui ont raté cet interview; voici le passage du journal en question ainsi que les minutes (correction orthographique needed).
La Chaîne Parlementaire : journal de 22h vendredi 05 février 2010 :
LCP: Mardi, les députés entamerons l’examendu projet de loi d’orientation de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, un nom a ralonge qui est en général résumé par le petit nom de LOPSI et pour en parler nous sommes avec Benjamin Bayart, bonsoir.
B.B : Bonsoir,
LCP : vous êtes expert en communication, président de FDN, c’est le plus ancien j’ai lu, fournisseur d’accès internet en France
B.B. : oui
LCP : Alors, la LOPSI pour la résumer prévoit une mutualisation et une coopération entre les forces de sécurité donc la police et la gendarmerie et une modernisation de leurs moyens notamment en ayant recours aux nouvelles technologie pour être plus efficace notamment contre la cybercriminalité. Mais cette loi inquiète les associations internautes qui la juge liberticide pourquoi ?
B.B. : Alors il faut comprendre que toute la loi n’inquiete pas les associations internautes elle est très longue je n’ai pas eu le temps de la lire en entier alors que dieu sait que je passe énormément de temps sur les questions législatives
LCP : Il y’a une mesure précisément qui vous inquiète
B.B. : il y’a un article très précis qui nous pose problème, c’est l’article 4, tel qu’il était proposé et rédigé par le gouvernement il prévoyait que sur décret du ministère de l’intérieur, les fournisseurs d’accès internet auraient obligation d’empêcher l’accès a certains sites web que la liste …
LCP : Lesquels, les site pornographiques ?
B.B. : Ce que prévoit le texte de loi ce sont les site pédopornographiques, mais ce que prévoit aussi le texte et ses conditions d’application évidentes c’est que la liste des sites doit être secrète, sinon c’est un annuaire des sites pédoporno c’est quelquechose d’inconcevable, donc la liste est secrète, elle aurait été publiée par le ministère de l’intérieur et j’dois dire que censure secrète sur le ministère de la police c’est quand même curieux dans un pays normalement démocratique. CA c’était vraiment le point de départ tel que ca sortait vu par le gouvernement, visiblement les députés ont bien compris ce qu’il leurs ait arrivé dans l’affaire HADOPI, ils ont relu la décision du conseil constitutionel …
LCP : Donc il y’a eu un amendement …
B.B. : Ils ont décidés qu’on ne pouvait pas filtrer internet n’importe comment et, pour le moment dans l’état des discussions, on en est a : y’aura un juge dans la boucle.
LCP : Donc ca ca vous rassure ?
B.B. : donc c’est plutôt rassurant.
LCP : Mais c’est vrai que, quand même, internet peut être un lieu de danger, il y’a la pédopornographie, y’a aussi les escroceries, le terrosrisme etc … est ce qu’il ne faut pas instaurer des filtres ?
B.B. : Instaurer des filtres je sais pas, la bonne façon de comprendre ça c’est qu’internet est un lieu public, et donc jouer sur les peurs, légitimes, les crimes abominables comme la pédopornographie ca fait peur de manière légitime et logique, mais jouer sur les peurs des gens pour instaurer un tout sécuritaire, c’est quelque chose de dangereux. Ca met en place des dérives qui sont malsaines, internet est un lieu public comme les autres, il y’a des pédophiles sur internet exactement comme il y’a des pédophiles dans la rue et on filtre pas la rue, on ne met pas un policier tous les trois mètres pour surveiller tout le monde. De la même manière, pour les mêmes raisons, cette tendance de fond qui est de vouloir contrôler internet fondamentalement dénote quelque chose d’assez précis; qui est que basiquement que les hommes politiques n’ont pas bien compris ce qu’était internet et qu’ils commencent par contre a comprendre un élément la dedans, c’est que ca les gène.
LCP : Mais il y’a des moyens de contourner ce filtre par exemple ?
B.B. : Oh oui oui, de manière très efficace et très simple, il faut comprendre que les … il y’a un livre qui est paru récemment aux éditions InLibroVeritas sur le sujet qui explique assez bien, y compris détaillé par des gens de la gendarmerie spécialisés dans le domaine, que le monde du pédoporno mafieu, business, etc, a déja trois guerres d’avance sur ce sujet là, et se diffuse indépendamment de ce qu’on sait faire de manière simple comme filtre.
LCP : Donc liberticide et inefficace nous dites vous ?
B.B. : Donc particulièrement inefficace puisque lorsque l’on intérroge la police et la gendarmerie sur le sujet, comme j’en ai eu l’occasion de le faire lors d’une réunion, petit un, il n’ya pas de sites pédo en France, ca c’est très clair, y’en a deux ou trois qui ouvrent temporairement tous les ans, fermés dans la semaine avec les gens derrière qui finissent en prison, et surtout quand on leurs demande ce que ca a donné comme effet positif dans les pays ou cela a été mis en place par exemple en Australie, par exemple en Grande Bretagne, ils ne savent pas donner de chiffre. On leurs demande quelle influence, en quoi est ce que ca a fait baisser la délinquance parceque c’est quand même ca le but, réponse néant.
LCP : il n'’y a pas d’efficacité prouvée. Merci beaucoup Benjamin Bayart d’être venu nous expliquer ce que vous redoutez le plus.
Et voici la video de l’interview pour les entendants :